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Dans les entreprises, les dirigeants dirigent et les syndicats s’opposent. Dans cette vision, les syndicalistes sont naturellement contre tout changement, crispés sur les acquis et la feuille de paie et évoluer leur est bien difficile. C’est une figure tellement ressassée dans notre pays qu’elle paraît une évidence.
Pourtant, beaucoup d’entreprises ont réussi à instituer un dialogue social de qualité. Alors, que se passerait-il si les salariés participaient en plus à la définition des orientations de l’entreprise, en prenant toute leur place dans les conseils d’administration ?

En France, contrairement à d’autres pays (Allemagne, Hollande, Suède…) les salariés n’ont pas de place dans les instances de gouvernance des entreprises. Qu’est-ce que les entreprises y gagneraient si la loi changeait, si une grande négociation sociale aboutissait à ce changement majeur ? Et qu’est-ce que les salariés y gagneraient ?

C’est une question majeure, qui prend un relief particulier aujourd’hui. Où de plus en plus d’entreprises peinent à attirer ou retenir des salariés. Et où de plus en plus de salariés, jeunes bien sûr, mais moins jeunes aussi, ne se sentent plus engagés au travail.
Ce qui fait rester un salarié dans une entreprise ? La qualité du travail, l’autonomie, la confiance, le sens, comme l’analysait justement récemment Benoit Serres, DRH de l’Oréal.
Catherine Perret l’affirme à sa manière, en dirigeante d’une grande organisation syndicale : la CGT. Si les salariés ne se sentent pas écoutés, ils finissent par partir. Ou par déserter, à tout le moins dans leur tête. Et sans engagement au travail, il n’y a pas de travail de qualité possible. Donc il n’y a plus de réelle performance possible, que ce soit dans un hôpital ou une entreprise industrielle.

Pour Catherine Perret, le travail est central. Et pour en prendre soin, elle ajoute qu’il faut penser deux éléments distincts en même temps.
Le premier est que les salariés soient réellement présents dans les CA des entreprises (au-delà d’un strapontin sans influence).
Le second est que les salariés aient du temps pour discuter du travail, entre eux. Sans être « managés » par la direction ou les organisations syndicales. Un temps pour ceux qui font le travail, pour discuter de la manière de bien le faire.

Catherine Perret imagine des organisations de travail gagnantes-gagnantes, à l’instar de l’usine Bosch à Lyon qui fonctionne depuis 22 ans sur un rythme de… 32 heures de travail par semaine. Et qui s’en porte très bien !
Mais pour que cela marche, il faut que direction et salariés s’entendent sur une vision commune de la stratégie de l’entreprise et de la qualité du travail qui va permettre de la déployer.

L’intervention de Catherine Perret intervient à un moment particulier dans le pays, juste après une élection présidentielle où de nombreuses questions de fond n’ont pas été abordées. Et notamment celle du travail et de sa qualité. Qui est pourtant un sujet qui concerne absolument tous les français et dont dépend pour beaucoup notre avenir.
Nous allons tous dépendre de la qualité de ce que nous allons produire : la nourriture, les objets, l’éducation et le soin.

Tous ceux qui connaissent Catherine Perret reconnaissent son humanité, son engagement, sa grande connaissance des dossiers, sa détermination, mais aussi sa posture ouverte : elle incarne très concrètement cette fine et puissante réflexion du grand sociologue du travail Jean-Daniel Reynaud :
Puisqu'il n'y a pas (ou pas assez) d'arbitres impartiaux ou, plus simplement, puisqu'il n'y a pas de critère objectif de la vérité, la négociation, avec son donnant-donnant et ses discussions contradictoires, est le meilleur garant de la légitimité d'une solution. Ce qui définit une solution comme juste et bonne, c'est qu'elle a été adoptée après négociation. (in, Les Règles du jeu. L’action collective et la régulation sociale, A. Colin, 1989).
Nous sommes très honorés de l'avoir reçue à l’UODC pour un amphi-débat aussi passionné que passionnant.

La carrière syndicale de Catherine Perret commence en 1995, par l’implantation de la CGT dans son lycée général, à Nevers. Le fil rouge de sa vie professionnelle est celui de la lutte contre la précarité. Peut-être parce qu’elle a vu son père, ouvrier métallo et syndicaliste dans le privé, se faire régulièrement licencier, avant de mourir prématurément. Peut-être parce qu’en 1986, voyant que son engagement dans la lutte contre la loi Devaquet ne lui permettrait pas d’obtenir cette année là l’agrégation d’histoire, la syndicaliste étudiante se fait embaucher en tant que maître auxiliaire dans l’Éducation nationale avant de passer le concours.
Repérée par ses dirigeants, elle monte peu à peu les échelons du syndicat, du local au national, en approfondissant les thématiques : de l’éducation à la jeunesse, de la jeunesse à l’apprentissage, et de l’apprentissage. à la formation professionnelle.

En décembre 2013, Catherine Perret dirige pour la première fois une négociation d’ampleur nationale sur la formation professionnelle. Sur le fond, cette nouvelle réforme de la formation franchit à ses yeux une ligne rouge : l’accord, en supprimant l’obligation légale des entreprises, leur fait un cadeau de 2,3 milliards d’euros.
Non-signataire l’accord national interprofessionnel de 2013, matrice de la loi du 5 mars 2014, la secrétaire nationale en charge de la formation initiale et professionnelle reste convaincue que la formation professionnelle constitue un pilier dans la sécurité sociale professionnelle qu’elle revendique. (source : UHFP Centre Inffo)

Catherine Perret a été élue membre du bureau confédéral de la CGT le 21 avril 2016, à l’occasion du 51e congrès du syndicat organisé à Marseille. Elle sera chargée cette année-là du dossier sur la loi Travail dite loi El Khomri.

Lors du 52ème congrès confédéral de la CGT en 2019, Catherine Perret (cadre, Fédération CGT de l’éducation, de la recherche et de la culture, Union Départementale de la Nièvre) a été désignée par le CCN (Comité confédéral national), secrétaire confédérale de la CGT chargée des retraites et de la protection sociale.


Au sujet de la CGT :

Le syndicalisme fait partie du patrimoine vivant de l’humanité et de la démocratie. Fait social devenu universel, il a d’abord émergé en Europe avec la révolution industrielle, et y est resté depuis profondément enraciné.

L’histoire plus que séculaire de la CGT s’inscrit dans cet ensemble. Née de la volonté des salariés de s’organiser collectivement et durablement pour défendre leurs intérêts face à l’oppression et à l’exploitation, pour conquérir des droits et les faire valoir, pour imaginer un monde plus juste et proposer des voies pour y parvenir, sont le coeur de son action syndicale.

Bâtie selon deux dimensions professionnelles et géographiques, la CGT s’est forgée et constituée au fil de l’histoire autour d’une conception de solidarité entre les salariés qui combine l’ancrage à l’entreprise et à son environnement territorial.

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Crédits

Vidéo complète n°285
Amphi débat du 21/06/2022
Date d'édition : 19/09/2022
Durée : 1:14:18

Programmation et animation : Jean Besançon, directeur de l'Uodc
Réalisation et édition : Pierre Cécile
© Pratiques & Stratégies - septembre 2022 - reproduction interdite