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mardi 21 février 2012 à 18H00

Pas d'urgence à réformer le système de formation professionnelle en France ?

Dans le domaine : Compétences & Formation
Françoise Geng, Vincent Merle
Présidente de la section du travail et de l'emploi du CESE-Professeur au CNAM

« Quarante ans après la loi fondatrice du 16 juillet 1971, notre système de formation professionnelle repose aujourd'hui sur des bases solides grâce, notamment, aux nombreuses réformes déjà engagées.
C'est pourquoi, à peine deux ans après la réforme de 2009 qui n'a pas
encore eu le temps de produire tous ses effets, notre assemblée considère qu'il n'y a pas d'urgence à réformer à nouveau le système de formation professionnelle. »

Avis du Conseil économique, social et environnemental (CESE), en date du 13 décembre 2011 (174 voix pour, 22 abstentions).

Le système de formation professionnelle français reposerait sur des bases solides : en 2012, il faudrait simplement lui apporter quelques améliorations.
L’avis du CESE formule à cet égard « quatre objectifs prioritaires à toute évolution négociée du système de formation professionnelle : mieux articuler formation initiale et continue, accroître l’efficacité et la qualité de la formation, faire de la formation un outil de sécurisation des parcours professionnels et, enfin, clarifier la gouvernance ».

Cela rappelle quelque chose…
En 1999, il y a maintenant 13 ans, paraissait un fameux « livre blanc » sur la formation professionnelle française. Sa qualité unanimement reconnue lui donna une grande audience. Il est publié sous la responsabilité de Nicole Péry, secrétaire d’Etat aux droits des femmes et à la formation professionnelle (étonnant rapprochement…).
Son titre : La formation professionnelle. Diagnostics, défis et enjeux.

Le coordonnateur de sa rédaction ? Vincent Merle, alors directeur de cabinet de Nicole Péry.
Que disait ce livre blanc il y a 13 ans ?
De manière (très) condensée, trois idées fortes se dégageaient de ce texte.

- La première était celle d'un constat lucide sur les échecs du système français de formation professionnelle, même si le mot n'était pas employé. Ou plus précisément, sur les errements d'un système qui court à l'échec, car il n'a pas réussi à faire reculer les inégalités.
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La seconde idée forte avancée était de lever les freins au développement de la formation, en particulier dans les petites et moyennes entreprises (pme). Dans cette visée, il s'agissait de développer les formations qualifiantes en lien avec la réduction du temps de travail, d'asseoir les pratiques de co-investissement en formation, bref, de moderniser la formation professionnelle.
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Enfin, étaient tracées les bases d’une nouvelle architecture d'un système de formation professionnelle reposant sur quatre piliers : un droit individuel transférable garanti collectivement, une prise en compte des acquis, un développement de la professionnalisation et de l’alternance dans le système éducatif, une clarification du rôle des acteurs (région, entreprises et partenaires sociaux, Etat).

La VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) et le DIF (Droit Individuel à la Formation) sont certes arrivés, non sans difficultés. Ces deux pratiques ont-elles bouleversé le système français de formation professionnelle ?

Alors, si en ce début d’année 2012, en ce moment d’ébullition et d’idées neuves que devrait favoriser une campagne électorale majeure dans un pays démocratique, si on essayait, de jeter les bases de ce que pourrait être une refondation de la formation professionnelle dans ce pays ?

Pourquoi ?
Parce que les inégalités que produit le système de formation initiale ne reculent pas : au contraire. Parce que la formation professionnelle (31 Milliards d’euros) va d’abord aux plus formés, aux plus grandes entreprises, aux cadres, aux insérés dans le système. Parce que plus que jamais l’activité et le travail s’installent et se développent là où sont les compétences.
Parce que, rituellement, dès qu’un grand problème social majeur est évoqué dans ce pays par les plus hautes autorités (par exemple : le chômage), la blague à la Woody Allen est de sortie, sans rire :
La réponse, c’est la formation. C’est quoi au fait la question ?

Vincent Merle a accepté de tenter de relever le défi. En prenant appui sur l’avis très récent du Conseil économique, social et environnemental. Avis qui sera présenté par la Présidente de la section du travail et de l’emploi du CESE, Françoise Geng.

Le débat promet.

Jean Besançon,
Directeur de l’Université ouverte des compétences

 

Vincent Merle est responsable de l'équipe Métiers de la formation, titulaire de la chaire " Travail, emploi, acquisitions professionnelles " du CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers).