Les prochains Amphis Débats
mardi 11 mars 2008 à 17H45

Nouveau paradigme de la formation professionnelle et nouveau modèle économique

Dans le domaine : Compétences & Formation
Yvon Minvielle
Sociologue, consultant et directeur du Club Stratégies

Il y a urgence à dessiner les contours du nouveau paradigme de la Formation Professionnelle Continue (FPC) et de la production de compétences. Pas à pas, depuis plus de dix ans, ce nouveau modèle se met en place. Dans le quotidien ordinaire des pratiques, il contribue à fonder un nouveau modèle économique qui assure la régulation et la tenue d’ensemble du système.

Ce travail est d’importance. Il doit être conduit à son terme quels que soient :

1. les bruits (idéologiques ?), en résumé : le système est incapable de fonctionner (1),
2. les injonctions à réformer, en résumé : les plus démunis sont délaissés par le système (2),
3. les dénonciations fracassantes du système FPC, en résumé : il faut tout refonder, recentraliser et contrôler (3), etc.

Dans le quotidien, les pratiques de ceux qui ont le souci de la production des compétences continuent à fonctionner, à se déployer, à se réformer et à se refonder. Ce sont elles, ces pratiques, qui vous intéressent ici. Nous souhaitons les appréhender en forgeant si nécessaire les catégories pertinentes prenant en compte les changements économiques, sociaux et culturels que le système actuel de la FPC ignore avec superbe, prétendant de surcroît les prendre en compte. Est-il nécessaire de rappeler que le droit et la gestion ont pour fonction d’encadrer et de réguler les pratiques sociales et professionnelles et pas de fonder les politiques ?

Pour faire court, je dirais que la maladie du système de la FPC française n’est pas interne mais externe. Il a, depuis longtemps, décroché du réel des pratiques qu’il prétend servir.

(1) Beaucoup, beaucoup de bruits, ces derniers mois, autour des rapports qui ont traité de la FPC. Du rapport Cahuc aux conclusions de la commission Attali, on en compte au moins une bonne dizaine qui, directement ou indirectement, ont mis à la question et mis en cause les pratiques de la FPC. Le système est incapable de fonctionner.
(2) À ce tintamarre autour des rapports, il faut ajouter les injonctions politiques adressées par différentes instances du pouvoir politique (présidence de la République, premier ministre, ministère de l’économie, ministère du travail) aux présidents des missions et commissions (COE, CNFPTLV, etc.) pour qu’ils avancent au plus vite vers des propositions et solutions ! Les plus démunis sont délaissés par le système.
(3) Ne pas oublier que toute cette dramaturgie (scénarisation dramatique de la FPC) se joue sur des scènes différentes mais avec un seul et même décor de fond = le " scandale de l’UIMM ", forme avancée (si l’on suit certains analystes) de tous les scandales à venir du paritarisme. Il faut tout refonder, recentraliser et contrôler.