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vendredi 01 juin 2018

Parcours de travailleurs dans une économie mondialisée

Dans le domaine : Travail

La question de savoir qui et combien sont les actifs « gagnants » et « perdants » de la mondialisation n’est pas scientifiquement close. Une manière d’y répondre est d’étudier le parcours des salariés licenciés pour des raisons économiques, selon qu’ils proviennent d’un secteur directement exposé à la concurrence internationale - l’industrie manufacturière ainsi que certains secteurs des services - ou au contraire d’un secteur qui en est abrité. C’est le propos de cette note.

Les avantages économiques de la mondialisation sont solidement établis : elle est associée à la croissance économique, à l’augmentation de la productivité des firmes ou encore à l’élargissement de l’éventail de produits accessibles aux consommateurs. La mondialisation joue peu sur le volume global d’emplois à long terme, mais les économistes admettent qu’elle ne bénéficie pas à tous les travailleurs : elle crée des gagnants et des perdants. L’intensification du commerce international, au même titre que l’essor des nouvelles technologies, contribue à la hausse des inégalités salariales et modifie la structure de l’emploi. En outre, du fait de la concentration géographique des activités exposées à la concurrence internationale, les effets négatifs de la mondialisation peuvent être concentrés sur un petit nombre de territoires et d’individus, ce qui les rend très visibles.

Cette note s’intéresse au parcours des individus licenciés à la suite de la fermeture de leur site en France entre 1998 et 2010. Parmi eux, on trouve majoritairement des hommes, des jeunes et des travailleurs faiblement, voire moyennement qualifiés. Contrairement à une opinion répandue, le taux de licenciement économique dans le secteur manufacturier, très exposé à la concurrence internationale, est plus faible que dans les services exposés et surtout le secteur abrité. Autrement dit, le repli de l’emploi dans le secteur industriel ne s’explique pas tant par le fait qu’on y ferme plus d’entreprises que par le fait qu’on y crée moins d’emploi.

Les salariés licenciés de l’industrie ont en revanche une probabilité plus faible de retrouver un emploi. Ils souffrent également d’une baisse de salaire plus importante et plus durable dans leur nouvel emploi. Cette différence est en partie due aux caractéristiques sociodémographiques des travailleurs mais il existe également un effet spécifique au secteur manufacturier...

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La Fabrique de l’industrie est un laboratoire d’idées créé en octobre 2011 par l’UIMM, le Cercle de l’industrie et le GFI, rejoints depuis par le GIM, pour que la réflexion collective sur les enjeux industriels gagne en ampleur et en qualité...