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Florence Osty
mardi 12 décembre 2017
vendredi 09 juin 2017

Ce que le management peut apprendre du bénévolat

Dans le domaine : Management

Etre bénévole, c'est aussi travailler. Mais d'une autre manière que dans la vie professionnelle, avec justement un autre rapport au travail et d'autres attentes. Dans un article paru dans le journal Le Monde (28 avril 2017) Armand Hatchuel, professeur à Mines Paris Tech, en tire quelques leçons à destination des entreprises.

Les candidats à l'élection présidentielle ont mobilisé des dizaines de milliers de bénévoles, anciens ou nouveaux militants des anciens ou nouveaux partis, sans qui aucune campagne n'est possible. C'est aussi le cas des deux tiers du 1,3 million d'associations que l'on recense en France : elles ne pourraient pas fonctionner sans recourir au bénévolat.


En principe, un bénévole agit par engagement et reste maître de son action. On ne peut lui imposer un comportement, le retenir ou le sanctionner. En revanche, toute organisation, ou tout candidat, doit utiliser au mieux ses ressources, asseoir sa crédibilité de façon durable, et mener à bien ses projets. De ce fait, entre le bénévolat et la gestion rigoureuse des associations, des tensions sont inévitables. Autrement dit, l'idée même d'un management des bénévoles semble un oxymore.


Or, une étude récemment conduite auprès d'une association humanitaire montre qu'un management adapté des bénévoles existe bel et bien, à condition d'accepter - et de gérer - la variété des engagements et des motivations qui conduisent au bénévolat (« Le management des bénévoles, entre outils et valeurs », Marie Cousineau et Sébastien Damart, Revue française de gestion n° 43/262, 2017).


L'étude a été conduite dans une association créée à l'initiative de l'Abbé Pierre, qui veut aider à la promotion et à la commercialisation à un prix équitable de productions locales venant de pays pauvres. Il s'agit ainsi de permettre à des populations de vivre chez elles de leur activité. Les bénévoles assurent des tâches de vente, de logistique ou d'administration...

Lire la suite de l'article de Armand Hatchuel sur Metis


Metis, correspondances européenne du travail est un journal en ligne, engagé et indépendant. Il a pour projet de contribuer au débat nécessaire que suscitent les mutations qui affectent le monde du travail en Europe. Parce que les questions du travail sont au cœur de la vie démocratique, Metis pense qu'elles conditionnent la « reprise » du projet européen et la constitution d'une Europe sociale.


Armand Hatchuel est professeur (classe exceptionnelle) à l’école des Mines (Mines ParisTech) de Paris, co-responsable de la Chaire théorie et méthodes de la conception innovante.
Il est l'un des premiers à s’être intéressé à la production des savoirs dans les organisations. il s’efforce de fonder les sciences de gestion sur une théorie de l’action collective qui échappe aux hypothèses restrictives des sciences sociales traditionnelles.